Après Nice, un pas de plus vers… quoi ?

Avons-nous vraiment changé de monde ?

Quand monsieur Ciotti danse sur les cadavres pour nous convaincre que la question de rester un État de droit ne doit plus être posée, ou à peu près, on n’ose plus répondre. Il faut, c’est obligatoire, rouler les biceps et déclarer que c’est la guerre (totale, sinon, ça fait petit joueur), que rien ne sera plus comme avant et qu’il faut aller jusqu’au bout.

Mais dès qu’il s’agit de savoir vraiment ce qui n’est plus comme avant, quel est le monde que nous venons de quitter, celui dans lequel nous sommes entrés, celui vers lequel il faut aller, comment et jusqu’au bout de quoi, c’est une autre histoire.

Un autre monde que celui des Brigades rouges, des ratonnades quotidiennes et des milices armées de fusils de chasse des années 70 ? Un autre monde que celui du WTC, qui remonte déjà à quinze ans ? Je trouve, pour ma part, qu’ils se ressemblent beaucoup, pour le meilleur et pour le pire.

Pour le pire, parce que nos sociétés fourmillent toujours autant de tarés, de fanatiques en puissance, et surtout de paumés sans foi ni loi, pour qui la vie ne vaut rien, pas même la leur. Ils pullulent, à disposition des propagandes qui savent y mobiliser ces « soldats » jetables séduits par la gloriole post-mortem d’un meurtre de masse. Quitte à se parer des actes de types quelquefois malades au sens propre du terme, et aussi loin de l’austère intégrisme religieux du vrai fanatique que ce blog d’un site de cuisine crétoise. Il suffit que le taré ait une gueule à passer pour un muslim aux yeux d’un koufar et c’est parti. Si Lubitz s’était appelé Ahmed plutôt qu’Andreas, Daech n’eût peut-être pas rechigné à le contresigner. Une forme d’essentialisation.

Pour le pire, par l’inévitable, si tristement humaine, montée de haine aveugle qui leur répond en même temps qu’elle les adoube comme ils l’espèrent. L’essentialisation miroir de l’autre. Depuis Sun Zi au moins, on le sait : quand on se met à faire exactement ce que l’ennemi attend de nous, il faut se méfier. Même si c’est la réaction qui nous paraît la plus évidente.

Pour le meilleur, car en fin de compte, le monde occidental ne vacille guère. Trop solide ? Trop lourd ? Trop mou ? Peut-être qu’en fin de compte, les islamistes ont le sentiment de boxer un polochon. Et à tout prendre, ce n’est pas plus mal. C’est moins dangereux que de se muer en armée de Don Quichottes armés de vrais fusils, prêts à tirer tous azimuts au cri de « guerre totale ! »

Ce n’est pas une solution non plus. Mais si cela nous fait gagner un peu de temps pour agir d’une façon plus saine, ce sera ça de pris.

Car, j’y reviens, nous avons beau crier, nous sommes bien en peine de braquer nos fusils. Il semble même que nous criions d’autant plus fort que nous ne savons, en réalité, pas quoi faire. Perquisitionner ? Où ? Des milliers de caves et d’appartements ? Enfermer préventivement les radicalisés potentiels ? Pourquoi ? De quel droit ? Sur quels critères ? Un million de personnes en camp, à tout hasard ?

On en arrive à proposer la peine de mort pour les kamikazes, l’expulsion vers leur pays pour des Français ou la déchéance de la nationalité française pour des ressortissants étrangers. Jusqu’à l’absurde, le constat qu’on arrive trop tard, qu’on a le choix entre arriver après la bataille et amputer avant que la gangrène se déclare. Avec une nette préférence pour la seconde option.

Et quand, en guise de changement de monde, nous nous serons mués en dictature pour éviter d’y sombrer, nous aurons l’air fin.

L’EI adopte – ou se résigne – à une stratégie consistant à jeter sur des innocents tout ce qui peut se recruter dans nos rues, dans nos villes, comme paumés, comme cinglés déshumanisés, et leur offre une sanglante cause. Pour peu qu’il parvienne à poser en étendard des pauvres sans espoir et des réprouvés, nous sommes mal. Aucune « fermeté » n’étoufferait la vague. Ça n’a jamais marché. Jamais.

Peut-être est-ce surtout cela qu’il faut éviter, contre cela qu’il faut allumer, dès aujourd’hui, des contrefeux. Que faire pour couper ce vivier des recruteurs du crime de masse ? Qu’avons-nous fait, qui marche, ou qui n’a pas marché ? Quelle espérance notre monde propose-t-il ? Pourquoi un jour, tel désespéré fait-il le choix du meurtre – et beaucoup d’autres, Dieu merci, jamais ? Autant de questions à résoudre, sans quoi la lutte antiterroriste risque de consister à endiguer la pluie avec des gobelets en plastique.

Et pendant ce temps, l’on repousse aux calendes grecques l’avènement du seul monde nouveau qui nous sauvera vraiment, qui sauvera nos « valeurs » mais surtout notre existence même. Nous oublions qu’il est un ennemi pire que Daech, qui tue à coups de cancers et de typhons, à coups de sols ravinés et d’abeilles mortes, à coups d’espèces disparues et d’eaux polluées. Aucun monde nouveau n’est viable s’il ne relève en priorité CES défis. D’autant plus que l’extension des déserts, la perte de terres agricoles viables, et les diverses autres calamités écologiques qui frappent dès à présent les pays du Sud ne cessent de jeter sur les routes toujours plus de désespérés, parmi lesquelles toujours plus de recrues potentielles pour l’EI, les shebab et autres sinistres drapeaux noirs.

Un monde meurt, de tous les côtés à la fois, et bien rares sont les signes que la vie refleurira ensuite. Il faut avant tout les semer, les faire germer, les soigner.

 

 

 

 

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Invoquer la nature humaine ?…

Il a beaucoup été question, ces derniers temps, de nature.

Mais pas de la nature dont la fête était programmée dimanche dernier. Pas des bêtes petites et grosses, ni des « petites fleurs petits oiseaux » raillées par divers tristes sires.
Non. On a parlé de nature humaine. Osons le poncif : dans une époque en perte totale de repères, on tâche de se raccrocher à une « nature humaine » comme étant le fondamental, le Donné – qu’on ne pourrait remettre en question – dans l’espoir que cela, au moins, fera consensus. Un consensus bien minimal, d’ailleurs, aux allures de coup de talon au fond de la piscine.

En l’occurrence, il s’agissait de rappeler que dans la nature humaine, il y a le fait d’être un mammifère, et même un primate, ce qui implique une reproduction sexuée avec, sauf cas de force majeure, une prise en charge importante et longue de la progéniture par les géniteurs. (Le constat n’est pas réfutable). Et donc, qu’il serait illégitime et dangereux d’avancer des pions dans le sens d’autres formes de reproduction, ladite progéniture risquant d’en faire les frais avec de lourdes conséquences.

Ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que dans un épisode précédent, j’ai énoncé brièvement mon accord avec cette dernière phrase, et je n’y reviens pas. En revanche, ce qui me dérange un brin, c’est le recours à l’argument de la nature. Qu’il me soit donc permis de me demander, d’une manière très naïve, s’il est bien raisonnable de défendre un comportement humain sous l’argument de naturalité. N’ayant fait aucunes études en philosophie, je m’excuse par avance auprès des plus qualifié(e)s que moi en la matière du ras-les-pâquerettes de ce qui va suivre. Je ne suis qu’un primate qui se gratte le cortex avec perplexité.

En effet, premier point : qu’est-ce que la nature humaine ? Si son statut de vertébré mammifère primate et hominidé n’est pas niable, la suite s’avère un poil plus complexe (ben oui. Mammifère = poil. Moyennant quoi Charles Quint ramassant le pinceau du Titien portait secours à un mammifère en détresse. Pouf, pouf). Des générations de philosophes plus ou moins inspirés s’y sont essayés, peignant une nature humaine tantôt foncièrement bonne, tantôt infâme, parfois barbare et adoucie peu ou prou par des choix culturels. Un inlassable ping-pong propose tantôt un « bon sauvage » perverti par la modernité, tantôt, et c’est le plus courant, une « animalité » violente et sans scrupules que seule pourrait tempérer ladite civilisation : le raffinement de la « culture » contre l’état « brut » de la nature. Au mieux, on s’accorde sur une nature ambivalente avec du bon et du moins bon.
C’est le premier souci : l’animalité, souvent réprouvée, serait, sur le sujet qui nous occupe, un critère automatique de sacralisation. Ce qui n’est pas très logique. Pourquoi cette fois-ci et pas les autres ?

D’aucuns invoquent encore la « nature » pour ériger un piédestal à un lot minimal de droits, bombardés naturels : liberté, sécurité, propriété. Ce qui laisse un goût amer d’arbitraire, notamment pour le dernier : nous ne savons fichtre rien du sens de la propriété chez les plus anciens spécimens de notre espèce ; et si « lui », alors pourquoi pas beaucoup d’autres ? Qu’en est-il, par exemple, de la prise en charge des plus faibles par le groupe – attestée chez Neandertal où des fossiles démontrent que des individus inaptes à se nourrir par eux-mêmes ont longuement survécu ? Vous voyez le souci : cette nature mal définie, partiellement connue… rien de solide ne nous protège du travers consistant à la convoquer dans nos rangs en fonction de nos besoins.
Les Pères de l’Eglise, Hildegarde de Bingen et bien d’autres ont combattu le vice consistant à justifier par « la nature humaine » même la propension à pécher… « Je n’y peux rien, c’est ma nature » – la nature étant comprise comme ce à quoi il est impossible ou impensable de s’opposer. Entre l’impossible consensus sur le contenu des colonnes nature et culture, et le risque de devoir, par cohérence, accepter « en bloc » la première d’entre elles dans son intégralité, y compris la ligne « assommer son rival à l’aide d’une massue noueuse » – ou alors de se composer une opportuniste « nature humaine à la carte », l’argument de nature apparaît déjà comme bien périlleux.

Ce qui nous amène au point deux… N’y a-t-il pas bien longtemps que l’homme a choisi, pour le bien ou pour le mal, de s’affranchir du cadre tracé par sa nature – par la nature – et de redéfinir lui-même, inlassablement, sa place ?
Parce que, bon… Dans la nature de notre espèce Homo sapiens, il y a d’abord le comportement de chasseur-cueilleur. Celui qui consiste à vivre en accord avec les ressources naturelles, à se conformer à ce qui est simplement donné, mais dont la régularité est rien moins que garantie. Un jour, ou plutôt en quelques siècles, l’homme a fait, dans différents coins du monde, un autre choix, et il a poursuivi ce chemin, celui du « prendre » plutôt que du « recevoir ». Et il n’est pas exclu que le péché originel de la Genèse soit une vague réminiscence de ce choix, radical et sans doute irrémédiable ; un choix qui, en tout cas, a détaché l’homme à jamais de l’ensemble des autres créatures vivantes… et de la nature. Le choix d’une autre logique que celle de la nature.
Certaines études avancent d’ailleurs l’hypothèse que de nombreuses tensions sociétales et crises diverses, dont la crise financière et écologique de notre temps, trouvent leur origine dans le conflit entre un génome de chasseur-cueilleur, avec ses réflexes de prédation, et un environnement artificiel, conçu autour d’une logique de production. Ce qui engendre des comportements excessifs ou carrément inadaptés, de stockage, d’accumulation, de territorialité belliqueuse, de gloutonnerie – de peur excessive du manque, en dépit d’une production massive et régulière, et de moyens techniques démesurés d’arrachement de la ressource au substrat.

Dans ces conditions, quel sens peut-on encore donner au fait de se réclamer de la nature humaine sur un sujet ponctuel, quel qu’il soit ? Quel cas en faisons-nous dans le reste de notre existence ?

Bref : décidément, l’argument de la nature humaine en tant que tel ne me semble pas une bonne idée. Trop glissant. Trop facile à retourner. Trop suspect d’opportunisme – « je défends la nature humaine, quand elle me convient ». Trop loin de la réalité à tant d’égards.
Non… De même que le progrès ou la tradition, que « l’ouverture » ou « les racines », la nature, pas plus d’ailleurs que la culture, ne peut être jugée « bonne en soi », par définition, par essence. On ne peut défendre une disposition comme « bonne parce que naturelle » : c’est parce qu’on la juge bonne, davantage propre à assurer un harmonieux épanouissement de l’homme, qu’on défendra une disposition naturelle. Faute de quoi, nous n’échapperons pas, tôt ou tard – et plutôt tôt que tard – au piège de l’incohérence. Il est parfois bon que l’homme respecte sa nature, et parfois qu’il s’en libère, et son lot est de discerner en pleine liberté. Il y a beaucoup d’autres façons d’argumenter, beaucoup plus solides, pour établir le bien-fondé d’une façon de vivre, et notamment celle-ci.

Au nom du droit, mais de quel droit ?

Parmi les nombreuses questions que pose la bataille du « mariage pour tous », se trouve, il me semble, celle de la place et du sens du droit.
Les revendications qui ont amené ce projet de loi paraissent bien représentatives d’une conception étrange de ce qu’est un droit ; une conception qui s’est imposée, sans qu’on y prenne garde, au point de devenir dominante. L’épisode actuel n’est qu’un exemple : il en existe des milliers.

Le matraquage du dogme consumériste, ayant achevé de confondre l’être et l’avoir, aboutit également à confondre « droit » et « envie ». De même que la liberté n’est plus que la liberté de « faire ce qu’on veut » c’est-à-dire d’assouvir ses envies, son « bon plaisir » sans entrave, ni scrupule ni réflexion élargie, le droit est confondu avec le désir : Si je le veux, alors je le revendique comme mon droit. « Mieux » : « si je le veux, alors c’est mon droit. » Le désir d’un homme, en lui-même, et quel que soit son objet, suffit à fonder une légitimité pour un nouveau droit – le Droit, avec une majuscule, ne consistant plus qu’en une sorte de chambre d’enregistrement des envies des uns et des autres, qui aurait mission de les satisfaire, une à une.

Un contexte néolibéral qui ne reconnaît dans les faits comme droits naturels que la propriété, la liberté désormais réduite au sens de liberté d’augmenter sa propriété, et la sécurité dans son acception la plus restrictive (éviter de tuer son voisin) appuie du reste largement cette fusion. Etre, c’est avoir, désirer, c’est revendiquer comme un droit, comme une annexe du droit naturel de propriété, et l’échelle de lecture étant l’individu, la réflexion sur l’impact sociétal est exclue : la légitimité du droit, fondée, donc, sur l’envie, n’est plus guère jugée qu’à l’aune de la frustration exprimée par l’individu désirant et revendiquant.

Prenons deux exemples concrets aussi différents que possible :
Je désire un enfant = je revendique un droit à l’enfant, un droit à ce qu’on me fournisse un enfant ;
Je suis gêné par le bruit d’une grenouille d’une espèce protégée = je revendique le droit de les détruire.

L’un des symptômes est cette antienne « [on peut le leur autoriser] du moment qu’ils sont consentants ». Les conséquences collectives ne sont plus envisagées : la grille de lecture qui le permettrait n’existe plus. La collectivité, masse anonyme génératrice de cadres et de contraintes, étant rejetée dans les ténèbres du passé, des « idéologies liberticides », ce désir n’est plus examiné que comme désir individuel – ou d’un petit groupe très délimité, fonctionnant comme un individu unique – que l’on confrontera aux autres désirs individuels. Tous les individus se valant, il ne reste que des points de vue qui « se valent tous » : le bien commun, qui pourrait, dans l’intérêt général, l’emporter sur les intérêts individuels, qu’il transcende, n’existe plus, ce qui empêche d’analyser la légitimité des revendications avec un tant soit peu de recul. A tout changement de perspective, est objecté le sacro-saint : « Oui, mais MOI, je. Et à ma place, TOI tu. » Et si le fait d’autoriser un comportement nouveau à des personnes « consentantes » bouleversait la sphère mentale et sociétale de tous, et notamment de ceux qui ne veulent pas ? Chut. Silence.

Comment s’arbitrent les conflits entre les « moi je veux » des individus qui se juxtaposent sur un même espace, ci-devant société, peuple, nation, cité ? L’actualité le prouve : force reste à celui qui réclame le plus fort pour lui-même. L’individu ou le lobby qui aura su le plus se victimiser, le plus déconsidérer l’autre, et crier sa frustration le plus fort l’emportera, c’est-à-dire emportera tout pour lui, et chantera un triomphe du droit, à la grande colère des autres.
Ainsi cultive-t-on soigneusement sa frustration, car c’est une munition, un gage de victoire ; et ce cycle prolonge le « Moi, je veux » par un « Tout, tout de suite ».
Quant à ceux qui demandent une réflexion plus large, ils ne sont pas compris. Comme s’ils parlaient une langue étrangère. On cherche quels peuvent bien être les intérêts particuliers soi-disant masqués par leur démarche. Généralement, qu’il s’agisse d’opposants au mariage pour tous, d’écologistes défenseurs des zones humides ou d’autres, on leur prêtera des ambitions de prise du pouvoir; on les qualifiera d’ayatollahs noirs, bruns, rouges, verts ou autres, effet garanti.

Et nous voilà infantilisés. Enivrés d’une société qui déclare être prête à satisfaire toutes nos envies, nous endossons avec délices le rôle de l’enfant capricieux…
Et nous voilà déresponsabilisés.
Les conséquences ? Le monde n’aura qu’à s’adapter à « moi ». C’est lui qui endossera la responsabilité de mes actes. « Moi », je n’y pense pas. Recourbé vers mon nombril, suis-je d’ailleurs encore capable de voir au-delà ?

Est-ce vraiment de ce droit-là, est-ce de cette arène de coqs, que l’on peut attendre un avenir de liberté ?

Et ils étaient comme des brebis sans berger (Marc 6, 34).

Et si le véritable droit, et la vraie liberté se trouvaient ailleurs ?
Dans un droit qui construit l’Homme, l’Humanité, au lieu de porter au pinacle l’individu, la foule des individus juxtaposés ?
Dans une liberté qui structure et édifie par des cadres garde-fous, plutôt que dans le chaos de la soumission perpétuelle à son propre caprice – ou à ceux des autres ?

Par exemple la liberté à laquelle nous appelle Celui dont la loi est délivrance. Une loi qui nous dépasse en nous relevant, qui nous appelle au-delà de nos petits ronds individuels, qui nous arrache à la mortifère course au tout plaisir pour nous offrir la Vie.
Celui qui ne pèse pas les revendications des uns et des autres, ne joue pas de l’un contre l’autre, ne se sert pas de la drogue « désir » pour nous manipuler.

Celui qui, seul, a des paroles de Vie – saisissant contraste avec l’écoeurante escalade verbale, pourrie de violence, de nos modernes « leaders d’opinion ».

Il suffit de faire un temps silence dans nos réclamations, et nous pouvons l’entendre.