La sterne est-elle gratuite ?

Il y a quelques semaines, à l’occasion de la Nuit Charles Péguy, Fabrice Hadjadj avait évoqué, à propos de notre rapport à la Création, le cas très curieux de la Sterne arctique – de quoi interpeller évidemment l’ornitho que je suis. La Sterne arctique est une petite cousine des mouettes, qui pèse une centaine de grammes, et se nourrit en pêchant le menu fretin dans les mers circumpolaires. Elle se reproduit sur les côtes arctiques, et pour trouver à se nourrir toute l’année, a opté pour une solution radicale : migrer des mers arctiques aux mers subantarctiques, « du Pôle nord au Pôle sud », et vivre ainsi deux étés par an… mais au prix d’un aller-retour de 70 000 kilomètres !
Fabrice Hadjadj nous invitait donc à nous émerveiller, non pas tant devant la performance, mais devant la gratuité de cette folie – un oiseau de cent grammes capable de joindre un pôle à l’autre, en guise de cycle de vie normal.

Sterne arctique

Bien entendu, la première réaction de l’écologue est de froncer les sourcils ! Comment ça, gratuit ! Mais rien n’est gratuit dans la Nature, une dépense d’énergie est un handicap, sauf si elle constitue un investissement rentable ! et toute espèce qui s’amuse à des pitreries gratuites est irrémédiablement condamnée ! la Sterne arctique fait ainsi parce que ce sont ses concurrents, les autres espèces qui pêchent en haute mer, qui occupent toutes les places et lui ont imposé de rétrograder jusqu’en Antarctique. Elle est reléguée là-bas par des concurrents plus efficients, voilà tout !…
… Oui, tout cela est vrai…

Mais…
Mais ce qui est bel et bien gratuit (et en vertu de quoi F. Hadjadj avait donc totalement raison), c’est qu’il existe un oiseau pour occuper cette niche écologique complètement folle. Il existe dans la biodiversité une telle profusion, que des lignées de sternes, est née celle qui serait capable d’aller pêcher tout là-haut et jusque là-bas. Il existe une telle dynamique de création de nouveauté, dans la biodiversité, qu’elle a pu inventer cette folie.
Car sur la base des simples principes qui régissent l’évolution des espèces, il pourrait très bien en être tout autrement. Ces règles mêmes qui ont fait naître un beau jour la Sterne arctique, après quelques milliards d’années d’archéobactéries, de stromatolites, d’ichtyostégas, d’archéoptéryx et autres gastornis, auraient aussi bien pu aboutir à un éventail modeste et monotone d’espèces généralistes – adaptables à tout, dures à cuire – hyper-efficientes, hyper-polyvalentes et tout et tout. Et non !
La biodiversité vit d’un tel rythme de Création continuée qu’elle engendre sans cesse de l’inattendu, de l’improbable, du différent. Elle ne se contente pas de trouver des réponses à des questions à la manière de l’entreprise qui lance un nouveau produit, non ! La nouveauté est plus qu’une solution à un problème. D’autres espèces de sternes auraient très bien pu étendre leur domaine vital jusqu’au sud, ou bien personne ne venir d’Arctique pêcher en Antarctique : la Sterne arctique ne s’est-elle pas inventée comme solution à un problème qui ne s’est mis à exister qu’à partir de ce moment-là ? Ne fallait-il pas d’abord que l’énergie créatrice de la vie la fasse apparaître, gratuitement, pour que la sélection naturelle la valide ensuite ?

Imaginez, tiens, par exemple, la biodiversité confiée à quelques de nos technocrates, chantres de l’optimisation et de la rationalisation. Ce serait vite plié : un parc bien délimité d’espèces au spectre large, polyvalentes, pluridisciplinaires, standardisées, normalisées, exploiterait avec une froide efficacité l’ensemble des ressources disponibles, et jamais aucune fantaisie ne viendrait créer de nouveauté, d’imprévu, d’étonnement. Et rien ne pourrait évoluer, car il n’y aurait pas de place pour cela. Ah, si Dieu pouvait être comme nous ! Si ses chemins pouvaient être nos chemins ! Il aurait été parfait, ce monde, parfait comme du beau carrelage posé bien droit, bien blanc, bien froid. Qu’il est dérangeant que Dieu ne pense pas ainsi… qu’il est dérangeant que nous ne soyons qu’à son image et ressemblance.

Pourquoi dix espèces spécialistes pour exploiter le spectre qu’un généraliste peut balayer sans en laisser une miette ? Simplifiez-moi le millefeuille ! C’est, du reste, ce qui se produit dans les écosystèmes décapés, rabotés, que nous condescendons à abandonner à toute cette vie qui n’a pas l’heur de servir nos projets. Pire. En ce moment-même des apprentis sorciers travaillent à créer du « vivant artificiel » se donnant pour objectif de « remplacer le vivant naturel, imparfait, peu efficace »… Non, jamais !

La biodiversité ne suit pas ces règles. Elle ne cesse d’engendrer des milliards-de-feuilles, plus même que nous ne pouvons en connaître, sans but, sinon celui de vivre, en tout cas sans projet d’accumulation, de consommation, d’accaparement ou de contrôle. Et si l’on voit naître des formes toujours plus complexes, les plus simples, les plus élémentaires ont leur place aussi, depuis un million de millénaires. Toute nouveauté est permise, même si elle ne sert à rien. Car il ne « sert à rien » que deux espèces, tout à coup, se partagent une niche jusque-là réservée à une seule.

Il y a dans cette énergie dissipée, en quelque sorte, en pure perte, la force vitale, la viriditas qu’avait perçue Hildegarde de Bingen. Une force irrépressible d’engendrement. Cette énergie de création continuée, nous pouvons y lire la véritable marque de fabrique du Créateur. Elle n’est pas dans une lecture au pied de la lettre et passablement obtuse du premier chapitre de la Genèse (obtuse, car oubliant par exemple qu’il existe ensuite… un second chapitre, un second récit). Elle n’est pas davantage dans la recherche de signes trop évidents inscrits dans quelque évolution (très) dirigée. Elle est bien plus dans cette profusion de nouveauté, cette invention permanente et, oui, gratuite de nouvelles façons d’exister parmi les autres êtres vivants, quitte à être en compétition avec eux ou à chercher jusqu’aux pôles son pré carré.
« Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! » (Ps 103, 24)

Lorsque Dieu crée, il ne cherche pas à résoudre un problème ni à répondre à un marché. Il ne poursuit qu’un projet : rencontrer un Autre pour faire alliance avec lui. Et lorsqu’Il s’y met, là non plus, il ne lésine pas. L’Amour, la grâce et la Parole surabondent, traversent et inondent ce monde blessé et souffrant que, par humilité, Il a renoncé à rendre parfait à coups de déluges et de baguette magique (Gn 9, 9-17). Pas de mesure. Pas de cost-killing de la Grâce. Pas d’optimisation, mais une force à la fois irrépressible et humble qui cherche sans cesse à venir au jour par des chemins nouveaux, ou par des chemins tracés de toute éternité.

L’amour de Dieu et la biodiversité se ressemblent beaucoup, finalement.
J’en entends déjà crier « panthéisme, panthéisme » dans le fond de la salle. Stop ! on arrête tout. La créature est-elle le créateur ? La signature dans le coin du tableau implique-t-elle qu’on prenne le tableau pour le peintre ? Jamais de la vie. Mais on ne peut tout comprendre du tableau si l’on n’en connaît pas l’auteur.

Alors, ouvrons-nous à cette profusion gratuite. Réjouissons-nous qu’elle ne suive pas nos lois, ni nos chemins, ni nos pensées. C’est cela qui la marque du sceau du divin.

De Genèse 2 à Visionature en un seul clic !

« L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. » (Gn 2, 19)

Peut-être avez-vous vu passer, de temps à autre, dans la rubrique sciences de vos sites d’information préférés, la découverte d’une nouvelle espèce : de même que la Création continue chaque jour, l’homme n’a toujours pas achevé le travail qui lui fut confié dans ce verset. Tantôt, c’est une espèce jusque-là tapie dans quelque recoin de la forêt équatoriale, au bout du monde. Tantôt, c’est un de ses vieux compagnons qui se révèle être deux, ou même trois ! Il y a quelques mois, par exemple, il a bien avancé sur l’épineux dossier du Crapaud du même nom : à y regarder de près, le brave Crapaud commun de ses jardins cachait deux espèces : le Crapaud commun et le Crapaud épineux. De telles découvertes se produisent plus souvent encore chez les Chauves-souris, parmi lesquelles on compte des espèces jumelles, distinguées par la génétique et les ultrasons produits, ou encore chez les Goélands, ceux-là même qui assurent l’ambiance dans le ciel de nos ports.

L’homme n’a toujours pas fini de nommer la Création qui lui fut confiée, et trop souvent, il manque à la tâche : l’espèce a disparu avant qu’il l’ait été découverte – mais elle a disparu par sa main.

Et comme on ne prend soin que de ce qu’on connaît, il n’y a pas d’autre solution : se retrousser les manches et poursuivre le travail du verset 19 du second chapitre du premier Livre. Qui plus est, chaque créature ainsi nommée entrera avec celui qui l’aura nommé dans la Louange du Créateur. Quoi ? j’en fais un peu trop ? Possible, mais après tout, pourquoi pas ?

Vous me direz qu’il y a d’autres priorités. Certes, mais nous sommes nombreux, et vous le savez, « les dons sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les services sont variés, mais c’est le même Seigneur » (1Co 12, 4-5)

Et voici une bonne nouvelle pour tout le peuple : ce service-là est plutôt réjouissant et source d’émerveillement. Non seulement à contempler, comme face à certain oiseau des champs ) mais aussi à Nommer, c’est-à-dire identifier, noter et transmettre. Réuni à ses pareils, notre donnée, notre acte de nommer-ici-maintenant-cette créature la replace parmi ses semblables, parmi un paysage, une terre, la Création.

Ainsi, l’aride « donnée naturaliste » prend l’allure d’un verset : le psalmiste ne note-t-il pas « la cigogne qui habite dans les cyprès », puis que « Les montagnes élevées sont pour les chamois, les rochers sont l’abri des gerboises » (Ps 104, 17-18) ? Le Seigneur lui-même n’ouvre-t-il pas grand l’atlas biodiversité de sa Création pour édifier Job, et surtout les trois dépendeurs d’andouilles qui l’assomment de bons conseils depuis trente-neuf chapitres ?

Alors, puisque les vacances vont, peut-être, nous mettre en présence d’une Nature plus spectaculaire qu’au quotidien (encore que celui-ci révèle souvent des surprises…) pourquoi ne pas nous lancer ?
C’est tout simple.
Rendez-vous sur cette carte nationale et cliquez sur votre département pour retrouver immédiatement le site Visionature du coin. Inscrivez-vous, et transmettez !
(Par rapport à la carte, les départements de Charente et de l’Yonne ont rejoint le réseau à leur tour ; le Cher va bientôt ouvrir et le Lot sera sous peu accessible via le site faune-tarn-aveyron.org )
Il suffit de vous inscrire sur un seul de ces sites pour que les identifiants soient utilisables sur tous. Qui plus est, chacun de ces portails propose des cartes, des listes, des synthèses qui vous renseigneront sur ce que les autres observateurs ont découvert autour de vous.

« L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. » (Gn 2, 15)

N’est-ce pas l’œuvre du jardinier que d’apposer une étiquette sur ses cultures et de noter dans quelque carnet la date de floraison de ceci ou des premiers fruits de cela ?

De Genèse 2 à Visionature, il n’y avait donc qu’un clic… Je n’irai pas jusqu’à vous garantir une indulgence plénière par lot de 100 données… mais à n’en pas douter, ce sera œuvre utile, et même sainte, quelque part.

Très bonne et très sainte découverte de la Création à tous.

Carême: un désert empli de Vie

Nous voici en Carême.

Y entrer sans proférer de poncifs – même souverains – est presque aussi difficile que de le vivre sur les pas du Christ.
Tant pis, risquons-en quelques-uns et tâchons d’aller quelques pas au-delà.

Le Carême est un temps de pénitence et d’austérité ; mais, sans doute pas par hasard, il coïncide aussi, au moins dans notre hémisphère, avec le printemps, avec l’exubérance de la vie qui renaît. C’est là le plus simple et le plus ancien signe avant-coureur de la Résurrection.
Un temps de pénitence ? Plutôt un temps de dépouillement : ôtons nos pelures superflues, nos graisse spirituelles, nos épaisseurs qui ne nous protègent qu’en nous isolant – en nous enfermant. C’est un temps pour la simplicité, pour l’essentiel, pour l’accueil ; un temps pour recevoir au lieu de prendre.

C’est un vrai temps d’écologie intégrale, en somme. Et les chrétiens sont désormais nombreux à le vivre comme tel : en témoigne ce foisonnement d’initiatives autour du thème « vivre un Carême avec la Création » dont le blog Visibles et invisibles recense les plus notables : Vivre un carême écologique

Cette année, les hasards climatiques font coïncider ce mercredi des Cendres avec un printemps plutôt précoce. Précoce ? Comment le savoir ?

En observant.
Pour se dépouiller, ce qu’on ôte en premier, ce sont les lunettes, « protectrices », déformantes, teintées, rayées, opacifiées.
Et nous regardons.

Même en ville, il y aura toujours un arbre qui, un beau matin, ouvrira ses bourgeons. Un oiseau qui est parti : les mouettes qui valsaient sur le fleuve, la bande de pinsons qui squattait la mangeoire. Un qui est arrivé : la Fauvette à tête noire qui sifflote sa ritournelle dans un buisson, le premier Milan noir, la première hirondelle. Une fleur qui s’est ouverte. Ou juste la lumière, un peu plus franche, un peu moins froide.

Il y aura chaque matin une pulsation de vie. Car le Carême est un temps de vie, pas un temps de deuil et de grisaille.
Il y a chaque matin un petit changement à noter dans un carnet, avec une date, aux côtés d’une courte prière, et ainsi s’ébauchera le calendrier d’un Carême avec le printemps, qui culminera aux Rameaux dans une grande explosion de verdure, jusqu’à ce que Pâques accomplisse tout à fait la Résurrection de l’univers entier.

« Oh, hé, Jésus il était au désert, pas dans la nature ! »
Mais qu’est-ce que le désert ?
Le Christ au désert se retire du monde et des regards des hommes.
Le désert, c’est le lieu sans hommes. C’est le contraire du monde entendu comme ce qui ne vient pas du Père (1 Jn, 15-17). C’est une rude demeure pour l’homme et pour le peuple de Dieu, mais la terre d’élection de toute une part de la Création. C’est là que Dieu nous dit avoir placé l’âne sauvage, lui qui se rit du tumulte des villes et n’entend pas les cris d’un maître (Jb 39, 6-7) – lui qui est, lui aussi, libre et loin du monde.
En retrouvant la Création autour de moi, en la regardant moi aussi à travers le tumulte des villes, en les quittant un temps pour mieux aller à sa rencontre, en laissant entrer en moi le frémissement de sa résurrection printanière, je peux me retirer au désert, un vrai désert christique et biblique : vide de monde, mais empli jusqu’à en déborder de Dieu et de sa Création, de son projet pour l’Univers : le Christ. Prêt à sentir, dans quelques semaines, frémir Sa Résurrection majuscule.

Du scientifique militant à l’écologiste chrétien… l’émerveillement !

N’en déplaise à d’aucuns de leurs détracteurs, les associations de protection de la nature, en France, exercent avant tout une activité de scientifiques. Leurs études s’appuient sur des références bibliographiques, des méthodologies de chercheurs, des outils modernes, cartographie, SIG, statistiques au besoin.

Ce n’est pas l’expression d’un ressenti affectif qui conduit à écrire qu’une prairie permanente pâturée, un bocage de vieilles haies, une forêt feuillue au riche sous-bois, forment un écosystème plus riche qu’un champ de maïs ordinaire, un lotissement de banlieue, une plantation de résineux « cathédrale ». Ce sont là des données scientifiques, démontrées, et redémontrables par le premier qui voudra reproduire les inventaires en toute rigueur.

Ce n’est pas non plus un sentimentalisme vaguement réac, encore moins l’idolâtrie d’on ne sait quel « âge d’or » qui conduit à alerter sur la nécessité, pour l’homme, d’écosystèmes décemment fonctionnels pour sa pure et simple survie. C’est le simple constat, dûment objectivé, que s’ils tombent en panne, tout s’effondre, à commencer par son agriculture.

Et pourtant, ce n’est généralement pas non plus le « simple » constat de cette urgence qui conduit l’homme à s’engager. Ce serait un triste combat, s’il n’était motivé par davantage. Cette force qui met en mouvement est plus belle et plus simple, elle a nom émerveillement.

Elle est très ancienne. On peut la lire dans la Bible. Vous savez, ce petit bouquin très décrié où certains ont préféré voir un blanc-seing pour l’exploitation sans vergogne. Le Psaume 104 en est rempli. Le trente-huitième chapitre de Job aussi. Le quarante-troisième de Ben Sirac itou :

« Le soleil en se montrant proclame dès son lever :
Quelle merveille que l’œuvre du Très-Haut ! » (Si 43, 2)

« Vois l’arc-en-ciel et bénis son auteur !
Il est magnifique dans sa splendeur. » (Si 43, 11)

S’émerveiller, c’est quoi ? C’est s’ouvrir, se rendre présent, accueillir ce qui est, et voir que cela est bon.

Et plus la science lui dévoile le secret des liens tissés entre les êtres, plus l’écologue s’émerveille. Plus il admire la beauté discrète du merle, le génie du nid de la Mésange à longue queue, la virtuose Epeire tissant sa toile, plus il apprend la trame vertigineuse d’interactions qui les unit – plus il admire la splendeur de ce grandiose ballet.

Splendeur donnée. Gratuite.

Il fallait être Dieu pour inventer pareille folie.

Il fallait être Dieu pour avoir l’idée de nous la donner comme jardin.

Hildegarde de Bingen, la mystique rhénane du douzième, avec sa drôle de pensée par symboles, l’avait bien compris. « Dieu ne peut être contemplé. C’est la Création qui en donne connaissance. Mais c’est la foi qui permet de le reconnaître en elle » écrit-elle dans le Livre des œuvres divines.

L’harmonie géniale de la Création parle du Créateur. Elle en chante la louange – mieux, elle est louange.

C’est dire si l’homme, que Dieu appelle inlassablement à lui, à Sa conscience, à Sa louange, est appelé à la chérir, à la garder avec soin. Un soin jaloux ? Non : un soin gratuit. Par amour, par désir de partage, par émerveillement.

Un Père du Désert a dit : « Le pire moment pour un athée, c’est lorsqu’il se sent plein de reconnaissance et qu’il ne sait qui remercier. » Mes collègues m’en voudront peut-être. Mais j’ai bien envie de le paraphraser : le pire moment pour un écologiste athée, c’est lorsqu’il s’émerveille devant la Création et qu’il ne sait quel créateur admirer.